Les entreprises suisses de technologie médicale et de biotechnologie contribuent de manière significative à la lutte contre la pandémie actuelle du coronavirus. Pour ce faire, ils ont besoin de spécialistes hautement qualifiés, disposant notamment d’un savoir-faire en ingénierie. Cependant, de tels ingénieurs sont peu nombreux et ce, même dans les professions traditionnelles. Les spécialistes provenant de l’UE ne peuvent pas complètement combler cette pénurie, mais ils peuvent néanmoins l’atténuer.

Carmelo Laganà

C’est en particulier en temps de crise que l’on se rappelle plus fortement l’importance d’avoir de bonnes relations avec les pays voisins. Comme on le sait, les médecins, les infirmières et les techniciens de laboratoire jouent un rôle central dans la lutte contre la pandémie du coronavirus. Afin de leur fournir tout le matériel et les instruments nécessaires, la Suisse, comme d’autres pays, dépend de ces importations. Parallèlement, l’ingénierie technique suisse joue un rôle majeur dans la lutte mondiale contre le coronavirus. Car on a tendance à vite oublier que les ingénieurs ne sont pas seulement actifs dans les disciplines traditionnelles de l’ingénierie mécanique, structurelle ou électrique. En effet, de nombreux spécialistes travaillent également dans des domaines scientifiques interdisciplinaires, tels que la technologie médicale, la biotechnologie médicale ou le génie chimique.

Les ventilateurs Hamilton sont demandés dans le monde entier

La technologie médicale, en particulier, tient un rôle déterminant dans la situation pandémique actuelle. En cas d’évolution grave de la maladie, les patients infectés doivent souvent être reliés à un équipement respiratoire dans les unités de soins intensifs des hôpitaux. Or, ces produits font actuellement partie des produits rares ; ils sont très demandés sur le marché mondial. Pour remédier à la pénurie de ventilateurs en Suisse, le gouvernement suisse a commandé 900 appareils supplémentaires à la société Hamilton Medical AG, basée dans les Grisons, à Bonaduz, en mars dernier. Les 50 premières unités ont ainsi été transportées directement par hélicoptère au Tessin, canton qui a été gravement touché par le virus. La filiale du groupe américain Hamilton Company étant l’un des leaders mondiaux sur le marché de niche des appareils respiratoires, l’entreprise a ainsi l’intention de doubler sa production d’ici la fin avril. Néanmoins, les appareils fabriqués dans la nouvelle usine de Domat/Ems sont loin de suffire à couvrir la demande mondiale. L’exemple de la société Hamilton montre ainsi l’importance des ingénieurs qui développent des dispositifs et des produits médicaux, qu’il s’agisse de ventilateurs, de tomographes informatiques ou de pompes à perfusion.

Roche établit de nouvelles normes en matière d’essais

En plus de la technologie médicale, les processus biotechnologiques dans le diagnostic médical sont également cruciaux pour un contrôle efficace de la pandémie. Plus les tests effectués sont nombreux et fiables, plus les chances de contenir la propagation du virus sont grandes. À la mi-mars, le groupe pharmaceutique bâlois Roche est devenu l’une des premières entreprises au monde à obtenir l’approbation des États-Unis pour un test pour le coronavirus entièrement automatisé. Grâce à l’équipement de diagnostic de Roche – déjà largement utilisé, et grâce aux nouveaux kits de test pour le coronavirus, il est désormais possible de tester jusqu’à 4’000 échantillons pour le virus en seulement 24 heures. Cette nouvelle procédure a permis de multiplier par 10 environ les capacités d’essai par rapport aux méthodes manuelles précédentes. Cette accélération procédurale a ainsi conduit à une réduction massive de la charge de travail des systèmes de santé et du personnel médical. Roche dispose aujourd’hui de 40’000 appareils d’analyse Cobas utilisés dans le monde entier, dont beaucoup en Suisse. Les biotechnologistes de Roche travaillent désormais 24 heures sur 24 pour fournir à la communauté internationale le plus grand nombre possible de machines et de tests analytiques supplémentaires (à partir de mai, des tests d’anticorps seront également disponibles).

La libre circulation des personnes réduit la pénurie d’ingénieurs

Une main-d’œuvre hautement qualifiée et dotée de compétences en ingénierie est indispensable pour l’industrie suisse des technologies médicales et biotechnologiques, mais aussi et surtout pour les secteurs traditionnels de l’ingénierie. Néanmoins, la pénurie de travailleurs qualifiés dans le domaine de l’ingénierie est une triste réalité. Selon un rapport publié en 2016 par le Secrétariat d’État à l’économie (seco) sur la pénurie de travailleurs qualifiés en Suisse, la pénurie est encore plus grave dans les professions d’ingénieur – avant même les cadres, les spécialistes en informatique et les professionnels de la santé. En outre, une enquête réalisée la même année auprès d’ingénieurs suisses a révélé que près de 90 % des entreprises ont des difficultés à pourvoir les postes vacants.

L’une des principales raisons de la pénurie aiguë est que trop peu d’ingénieurs sont formés dans notre pays. En outre, le progrès technique et l’évolution démographique font augmenter la demande : selon une étude de l’Université de Bâle, jusqu’à 50’000 ingénieurs devraient à long terme manquer en Suisse. Grâce à la libre circulation des personnes, cette pénurie a jusqu’à présent été atténuée, du moins en partie, par l’arrivée de travailleurs qualifiés européens. Néanmoins, la Suisse doit essayer de former davantage d’ingénieurs chez elle à l’avenir par le biais de mesures de politique de formation et de mesures internes et externes. Pour rester parmi les pays les plus innovants, il est donc essentiel de disposer d’une main-d’œuvre bien qualifiée, notamment dans les professions techniques.

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